Grand Prix d'Allemagne : Ballade du dimanche pour Simon Beaulieu Suggérer par mail
Écrit par Guy Lavoie   
24-12-2011
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Le champion du monde 2010-2011 ne s'attendait sûrement pas de remporter une course aussi facilement dimanche dernier lors du Grand Prix d'Hockenheim en Allemagne. Dès les premiers virages, sa Ferrari qui partait en deuxième position allait se porter en tête, position qu'il conservera jusqu'à la ligne d'arrivée. La deuxième position reviendra à Patrick Lalancette qui, bon an mal an, réalise de superbes courses. Parti pourtant de la dixième position, le pilote de la Force India allait profiter de la confusion du départ pour grimper dans le peloton de tête et réaliser un sans-faute. Ce sont Dave Jesse et sa Red Bull qui complètent le podium après une course incroyable. Sa remontée deviendra sûrement une pièce d'anthologie dans le championnat de Grand Prix Quebec.

 

Lors de cette course qui s'est déroulée avec plein de rebondissements, Vincent Letellier — qui a signé une magnifique pole position avec un temps de 1:16:772 — a joué de nouveau de malchance, notamment dans le virage 1 qui causera finalement sa perte. À partir de là, le leader de l'équipe Red Bull n'allait plus être en mesure de remonter Simon Beaulieu, et ce, malgré le fait qu'il allait lui montrer pendant au moins une dizaine de tours (alors que le leader lui prenait un tour), du vingtième au trentième tour, qu'il disposait de la monture pour le battre. Il se permettra même de le dépasser alors que le meneur tente de prendre le dessus sur une Virgin.

 

La scène est presque surréalisme. L'honneur est sauf.

 

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Ce Grand Prix aura été pour Letellier la galère (sorties de piste au 10e tour, puis au 35e tour).

 

Il devra attendre l'Angleterre pour prendre sa revanche.

 

La septième manche aura été le théâtre de nombreux accidents et de trois abandons électroniques (connection lost) qui mettront fin aux ambitions de pilotes qui espéraient marquer des points au championnat. 

 

Redessiné en 2001 par Hermann Tilke, le circuit d'Hockenheim est l'un des plus passionnants sur le plan du pilotage. Force est de constater que la nouvelle version du circuit, même si elle propose un beau défi, perd un peu de son charme pour les nostalgiques qui ont connu l'ancien tracé construit en 1932. Beaucoup plus courte, elle ne conserve que la partie «stade» de ce mythique circuit en évitant la forêt. Elle propose tout de même plusieurs virages rapides et de deux longues lignes droites qui permettent des dépassements des plus spectaculaires à la condition bien entendu d'effectuer des freinages limites. Cette piste nécessite une voiture rapide en ligne droite tout en étant stable et bien équilibrée dans les courbes. 

 

Comme pour les courses précédentes, l'usure des pneus sera un facteur important sur ce circuit de 4,5 km. La plupart des pilotes feront plus d'un arrêt pour pouvoir compléter les 47 tours de la course. Quelques instants avant de rentrer aux puits pour changer ses pneus, le vainqueur de l'épreuve verra sa Ferrari effectuer au 33e tour une légère dérobade, causée probablement par des pneumatiques. Outre une manoeuvre de dernière minute pour éviter le déplacement impromptu d'une Virgin au bout d'une ligne droite, c'est la seule petite frayeur que se paiera le champion du monde 2010-2011.

  

Le départ

 

Les bolides ne se sont pas encore élancés que la course d'Hockenheim jouera un rôle important sur la suite du championnat de Grand Prix Quebec. Le meneur au championnat Michel Berthiaume ne peut participer à l'épreuve. Il doit déclarer forfait, perdant ainsi toute possibilité de défendre sa position en piste. 

 

Tout comme à Valence, le départ ne se déroule pas sans heurt. 

 

 

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Après une bonne qualification (sixième), Serge Martin vient prendre sa position sur la grille. La Sauber se met à avancer alors que les feux ne sont toujours pas passés au vert. Erreur de boutons? Le pilote de l'équipe suisse réagit promptement. Il engrange la marche arrière pour reprendre sa position, mais le départ est donné. Il s'élance malgré tout, tant bien que mal. De la quatrième ligne, Jesse le prend à l'extérieur, gagne plusieurs positions et se retrouve dans la roue des leaders (profitant aussi un peu plus loin d'un accrochage entre Luc Labbé (Toro Rosso) et Stéphane Éthier (McLaren)).

 

L'arrivée vers le virage 1 ne laisse rien présager de rassurant.

 

Deux pilotes qui proviennent du milieu du peloton, Lalancette (10) et Mario Perreault (12), rejoignent la Sauber de Martin et la Ferrari de Mario Beaulieu. À ces voitures s'ajoute à l'extérieur la Lotus de Chênevert (11) qui entend bien tirer profit de la situation. Ils sont donc cinq à vouloir virer de front la première courbe du circuit qui se prend généralement à haute vitesse. Stéphane Ferland assiste à la scène en spectateur intéressé. Les roues se frottent... et la Williams de Perreault part dans un interminable tête à queue. Derrière, c'est le chaos. Antoine Lavoie qui arrive en trombe ne peut éviter la Williams qui se retrouve au beau milieu de la piste. Dans la confusion, des pilotes dont Team Ferron n'ont pas d'autre choix que d'aller hors piste dans les gravillons. Il s'agira d'une erreur fatale qui rendra encore plus confuse la situation en piste. De fait, plusieurs d'entre eux partiront à leur tour en tête à queue lorsqu'ils voudront revenir sur le bitume. La ligne droite menant au deuxième virage sera jonchée de plusieurs chicanes mobiles. Plusieurs pilotes devront faire du slalom pour survivre au premier tour.

 

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Bilan :  Pas mal de tôle froissée, des espoirs envolés, un abandon (la Lotus de Chênevert) et de l'achalandage dans la ligne des puits.

 

Beaulieu prend les devants

 

Dès les premiers virages, Simon Beaulieu n'entend pas rester derrière Letellier. Il passe à l'attaque et, au bout de la ligne droite, il plonge à l'intérieur et passe la Red Bull. Letellier, en bon joueur, n'oppose aucune résistance. Il se place sous l'aileron arrière de la Ferrari. La course s'annonce longue; autant de ne pas gâcher ses chances dès le début. Toutefois, au terme du premier tour, le destin lui joue un mauvais tour. Il vire légèrement large dans le premier virage et sort dans les gravillons. Il lève le pied pour ne pas perdre le contrôle de sa monture. Labbé qui est en embuscade s'approprie le deuxième rang. Letellier se bat avec sa voiture qui ne semble pas avoir la même aisance avec le plein d'essence. Labbé amorce le forcing pour rattraper le pilote de la Ferrari. Au fil des tours, il se rapproche. Au septième tour, le destin frappe de nouveau. Le pilote de la Toro Rosso est victime d'une Virgin qui, sans avertissement, change de trajectoire en pleine ligne droite. Il la percute de plein fouet. Devenu passager, il ne peut empêcher sa monture de s'échouer par la suite dans le mur intérieur. 

 

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Impossible de continuer dans les circonstances : la voiture est trop endommagée.

 

À partir de là, le champion du monde 2010-2011 a la voie libre. 

 

Il s'arrêtera respectivement au 15e tour, puis au 33e tour, pour changer ses pneus. 

 

Il est suivi de Lalancette qui a gagné des positions à la suite d'un dépassement pour le moins serré de Daniel Ranger (5e tour), puis lors du premier segment des arrêts aux puits. En effet, il passe de la cinquième à la deuxième position.

 

Ces deux pilotes se retrouvent alors seuls dans leur monde. À part les retardataires qu'ils rattrapent au fil des tours, ils font des courses sans histoire.

 

La remontée de Jesse

 

La situation n'est pas aussi simple pour les autres pilotes.

 

Jesse peut en témoigner. Après son excellent départ où il gagne rapidement plusieurs positions, il perd le contrôle de sa monture dans la Parabolika. Heureusement, la Red Bull qui tournoie entre le mur et la piste ne touche rien. Il reprend la piste et se retrouve en milieu de grille, juste derrière Yves Ranger. Ses mésaventures sont cependant loin d'être terminées. Un peu plus loin, il doit donner un coup de volant pour éviter une voiture qui semble effectuer un freinage plutôt hâtif. Sa voiture se retrouve hors piste sur la pelouse et effectue un tout droit.

 

Course foutue ou du moins bien mal partie? Et bien non!

 

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Le pilote de l'équipe autrichienne se remet en selle. Il se lance alors dans une superbe chevauchée qui le mènera jusque sur le podium, derrière Beaulieu et Lalancette. 

 

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Au 3e tour, il passe coup sur coup Yves Ranger (Mercedes), puis Louis Bélanger (Virgin). Au 5e tour, il se met en chasse des monoplaces de Michel Harper (Renault) et Michel Boulanger (Lotus). Sa voiture semble voler sur la piste, notamment dans la première portion du circuit où il rattrape facilement tous ses adversaires. Ses sorties du virage 1 sont pour le moins impressionnantes. Au 7e tour, il dépasse Harper. L'abandon de Labbé lui permet de gagner une nouvelle position. Les tours suivants, il ajoute successivement à son tableau de chasse Boulanger et Thomas Lavoie. Le pilote HRT en a vu d'autres. Il n'entend pas se laisser passer aussi facilement. Il tente de reprendre son bien en repassant son adversaire dans le virage suivant, mais il n'a pas le choix de capituler devant la supériorité de Jesse qui semble avoir bu plusieurs Red Bull avant la course! Au 15e tour, Jesse rentre aux puits. Il repart derrière Éthier qu'il dépassera au 18e tour, et ce, en partie grâce aux retardataires.

 

La piste s'éclaircit. Le pilote Red Bull qui est maintenant en cinquième position ne baisse pas le tempo. Il continue d'attaquer, et ce, même s'il n'a plus aucun adversaire directement devant lui. Il est bien conscient que les arrêts aux puits risquent de faire la différence. Il s'arrête au 31e tour. Lorsqu'il reprend la piste, il est toujours en cinquième position. Il repart à l'attaque, essayant d'effectuer les meilleurs tours possible. Il doit composer avec plusieurs retardataires qui ne lui facilitent pas la vie. Au 35e tour, il évite de justesse une Virgin qui est partie en tête à queue. Les arrêts des Mercedes de Stéphane Ferland (37e tour), puis de Daniel Ranger (38e tour) lui permettent de gagner deux positions. 

 

Il a gagné son pari, mais la course n'est pour autant jouée. 

 

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Ferland revient sur la Red Bull à vitesse grand V. Pour la première fois, Jesse passe du statut de chasseur à celui qui est pourchassé. La flèche d'argent fond sur la voiture autrichienne. Au 44e tour, Ferland commet une toute petite erreur. Il perd sa voiture et il doit faire une excursion hors piste. Il se fait alors passer par Ranger qui sera, deux tours plus tard, victime lui aussi de son impétuosité. Il doit abandonner après avoir frappé durement le rail alors qu'il espérait monter sur le podium.

 

À  partir de là, Jesse possède toutes les cartes en mains pour sabrer le champagne en toute quiétude!

 

De nombreux pièges

 

La septième manche du championnat de Grand Prix Québec a été marquée par plusieurs accidents. Les retardataires n'ont pas facilité la tâche des pilotes qui tentaient de remonter après le carambolage du départ.

 

En plus de l'accident qui a mis fin à la course de Labbé au 7e tour, un autre s'est produit au 24e tour. Il impliquait plusieurs voitures dont le coéquipier de Labbé, Daniel Jacques. Perreault qui est en pleine remontée se fait surprendre par le freinage hâtif d'un retardataire. Pour l'éviter, il sort large et lorsqu'il revient en piste, il part en tête à queue. La Williams se retrouve de nouveau du mauvais sens sur la piste. Bien malgré lui, Yves Ranger est victime de cet accident. Pour sa part, Martin y perd l'aileron avant de sa Sauber après avoir tapé Jocelyn Perron. Pris dans l'embouteillage, Jacques n'a pas d'autre solution que de percuter une autre monoplace.

 

Parti en quinzième position, Michel Harper effectue une course méritoire en évitant tous les pièges. Il fait preuve de patience et surtout de constance. Dès le départ, il doit ralentir et zigzaguer pour éviter les voitures qui tourbillonnent devant lui sur la piste. Durant plusieurs tours, il suit la Lotus de Michel Boulanger comme son ombre. À la faveur des arrêts aux puits, de différents accidents en piste et des abandons, il gagne de nombreuses positions. Au fil des tours, le pilote Renault profite des mésaventures des Mario Beaulieu, Labbé, Thomas Lavoie, Letellier, Ferron, Éthier et compagnie pour se hisser au cinquième rang. Chose certaine, Harper ne disposait pas de la voiture la plus rapide sur le circuit d'Hockenheim, mais il a su en tirer le maximum pour finalement terminer derrière Simon Beaulieu, Lalancette, Jesse et Ferland.

 

Belle leçon de pilotage!

 

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Suivent au final Éthier, Boulanger, Ferron, Letellier et finalement Yves Ranger qui complète le top 10, cinq pilotes qui en ont vu des vertes et des mûres au cours de cette septième manche du championnat de Grand Prix Quebec.

 

À moins d'une course de la mi-saison, Simon Beaulieu reprend la tête du championnat des pilotes avec 289 points. Il devance Ferland qui occupe pour la première fois le deuxième rang (274 points), huit petits points devant Berthiaume (266 points) qui voudra sûrement se refaire en Angleterre. Viennent par la suite Boulanger (252 points), toujours régulier, Letellier (249 points) en manque de victoires qui reste dans la course au titre et Perreault qui continue de jouer les paratonnerres (231 points). Du côté des constructeurs, l'équipe Williams continue de trôner en tête, mais son avance sur Mercedes et Ferrari fond comme neige au soleil. Elle n'est plus que de 30 points, un souffle dans un championnat aussi relevé. 

 

Les deux championnats sont donc loin d'être joués. Tout demeure possible!

 

Les vacances des Fêtes vont permettre aux pilotes de faire une petite pause avant le prochain Grand Prix qui se tiendra le 15 janvier prochain sur le circuit de Silverstone. Certains pilotes comme les Lalancette, Jess, Perreault, Ferland et Letellier prendront peut-être comme résolution pour la nouvelle année de gagner leur premier Grand Prix de la saison 2011-2012. De tout coeur, nous leur souhaitons de la tenir!

 

Bien d'autres pilotes pourraient aussi nous surprendre!

 

D'ici là, nous souhaitons à l'ensemble des pilotes une année 2012 palpitante, remplie de courses passionnantes, où ils pourront limer du bitume à leur guise.


 
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