Grand Prix de Valence : Berthiaume capitalise Suggérer par mail
Écrit par Guy Lavoie   
18-12-2011
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La sixième manche du championnat de Formule Un de Grand Prix Québec qui se déroulait sur le circuit urbain de Valence restera sûrement comme l'une des plus animées de l'année 2011-2012. La presque totalité des pilotes connaîtront des ennuis ou commettront des erreurs qui chambouleront le déroulement du Grand Prix. Au nombre de pénalités délivrées au terme de la course, l'empressement, voire la fébrilité, était au rendez-vous. Chose certaine, les commissaires n'ont pas chômé et les spectateurs ont dû perdre leur latin en tentant de suivre la course. L'absence du meneur au championnat, Simon Beaulieu, n'est pas totalement étrangère à cette situation pour le moins chaotique. Plusieurs pilotes pouvaient prétendre à la victoire. C'est finalement Michel Berthiaume qui remportera la mise, prenant ainsi la tête du championnat. Patrick Lalancette et Stéphane Ferland complètent le podium. 

 

D'une longueur de 5,4 kilomètres, le circuit de Valence, tracé autour du port de Valence, en Espagne, est bordé de murs qui s'ouvrent et se referment de même que d'une portion pour le moins spectaculaire à la fin avec un enchaînement de plusieurs virages qui se prennent à fond. La moindre petite erreur se paie comptant. Le circuit utilise pour l'essentiel des voies de circulation déjà existantes, mais également des portions spécialement conçues pour l'occasion. L'un des endroits les plus caractéristiques du circuit est le passage sur un pont pivotant. Malgré son caractère urbain, le tracé qui comporte 25 virages est plutôt comparé aux circuits semi-urbains de Montréal et Melbourne. Compte tenu de sa configuration, il favorise peu les dépassements, si ce n'est au bout des deux lignes droites, les virages 12 et 17. Le dernier virage du circuit qui s'ouvre sur la ligne droite des puits qui a la forme d'un coude est particulièrement difficile et nécessite un freinage impeccable. 

 

Plusieurs pilotes y verront leur course basculer. Parlez-en à Dave Jesse!

 

Comme il faut s'y attendre, la session de qualification est très relevée. Berthiaume met les pendules à l'heure et se donne le privilège de partir de la pole position en signant un excellent temps, sous la barre des 1:40. Lalancette (Force India) et Jesse (Red Bull) réussissent aussi l'exploit et terminent à des poussières de la Williams. Suivent, par la suite, Stéphane Ferland (Mercedes), toujours aussi rapide, Serge Martin (Sauber) qui ne s'attendait sûrement pas à se retrouver en aussi bonne position pour son retour en compétition après deux ans, et Mario Perreault (Williams), le coéquipier de Berthiaume. Vincent Letellier (Red Bull) qui est pourtant reconnu pour être l'un des grands maîtres des tours canons en qualification, ne se pointent qu'en septième position, juste devant Daniel Ranger (Mercedes), et les Renault boy's, Michel Harper et Team Ferron qui a évité le pire durant son tour.

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Les premiers tours

 

À Valence, la procédure de départ est particulière. Les pilotes ne peuvent s'élancer que lorsque les feux rouges, puis les verts s'éteignent. Est-ce la cause des ennuis que connaîtront plusieurs pilotes au départ? Le départ sera mouvementé. Jesse qui part de la deuxième ligne bondit de sa position et attaque Berthiaume. Le pilote ne peut contrer l'attaque et sagement il concède la tête au pilote de la Red Bull. À l'arrivée du deuxième virage, Letellier qui tente de se reprendre de sa mauvaise qualification perd pied. Sa voiture part légèrement en glissade. Il semble garder le contrôle et pouvoir s'en sortir, mais la Lotus de Team Ferron (qui vient de passer Michel Harper et Stéphane Éthier comme un balle) freine très tard et vient le percuter légèrement de l'arrière. Letellier part en tête à queue et il arrête sa course dans l'intérieur du virage, sur les vibreurs. Il devra laisser passer l'ensemble du peloton. De toute façon, sa voiture durement endommagée est devenue totalement inconduisible. 

 

L'un des vainqueurs potentiels de ce Grand Prix voit ses chances de victoire s'envoler.

 

Derrière, c'est la pagaille!

 

Serge Cantin (Williams) qui, pourtant après avoir pris un bon départ, part en tête à queue et percute la Mercedes qui est devant lui. Antoine Lavoie (McLaren) qui le suit comme son ombre l'évite de justesse, mais dans sa manoeuvre, ne peut contrôler la dérobade de son train avant. La McLaren part de travers à son tour et elle est percutée par la Toro Rosso de Daniel Jacques. 

 

Et ce n'est pas fini... 

 

À quelques encablures du deuxième virage, Michel Boulanger et sa Lotus sont serrés contre le mur, après s'être empoignés avec la Ferrari de Mario Beaulieu. Entre les virages 3 et 4, ce dernier partira en tête à queue, emportant avec lui une Mercedes qui n'a pas d'autre choix que de se déporter vers l'échappatoire. Au virage 17, les esprits s'échauffent de nouveau. Boulanger qui tente tant bien que mal de se dégager se fait percuter par Daniel Jacques, puis de nouveau par Pierre Boissonneault (Red Bull) qui est lui-même victime de Guy Lavoie. Le pilote de la McLaren se fait surprendre par le freinage de la Mercedes de Yves Ranger, bloque légèrement ses roues, vient s'appuyer sur la voiture allemande pour finalement emboutir la Red Bull. Au bout du carambolage, la Lotus effectue toute une cabriole pour terminer sa course dans le rail.

 

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Et la tête dans tout cela.

 

En avant, Jesse s'est creusé un tout petit écart. Il est sur le point de terminer le premier tour — devant Berthiaume, Lalancette, Perreault qui a profité des différents accrochages pour remonter le peloton — lorsqu'il rate son freinage et tourne un peu trop large. La Williams ne peut espérer meilleur scénario. Berthiaume plonge à l'intérieur et reprend son bien. Lalancette a vu la manoeuvre et tente à son tour d'en tirer profit. Au bout de la ligne droite, Jesse tente de le retenir, mais sa monture n'a pas totalement retrouvé son rythme et il n'a pas d'autre option que de laisser passer la Force India. Perreault pourchasse le trio de tête, suivi de Martin qui, après un bon début de course, voit à son tour sa monture se dérober (survirage). Ferland qui arrive en trombe l'évite de justesse en allant dans l'échappatoire qui est jonchée de dos d'âne, puis Harper réussit à passer, mais Daniel Ranger et Stéphane Éthier n'ont pas cette chance. 

 

Percutée à deux reprises, la Sauber qui en est à sa première course cette saison fait la spirale! 

 

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La course ne fait que commencer et déjà plusieurs pilotes ont dû retraiter aux puits. Les mécaniciens entrent dans un bal pour réparer les monoplaces.

 

La chasse s'engage

 

En avant, Lalancette n'entend pas laisser Berthiaume s'échapper. Il augmente le rythme et établit le contact. Il se fait de plus en plus menaçant, laissant pointer le nez de Force India dans plusieurs virages. L'autre pilote Williams fait de même, mais avec Jesse qui n'a pas dit son dernier mot et tente de remonter après sa mésaventure. Coup de théâtre, au septième tour, toujours à la sortie du dernier virage, Lalancette qui a réalisé jusqu'à maintenant une course sans faute perd le contrôle de sa Force India.  Victime de sous-virage, sa voiture part en dérobade, embrassant le mur intérieur de la ligne droite des puits. La voiture ne semble pas touchée. Heureusement, il peut repartir rapidement. Sa manoeuvre lui aura coûté une dizaine de secondes en piste et autant dans les puits lors de son premier arrêt. Il n'est pas le seul meneur à commettre une erreur. Un tour plus tard, Jesse perd à son tour le contrôle de sa Red Bull.

 

L'usure prématurée des pneus rend les voitures difficiles à piloter.

 

Les deux bolides de l'équipe britannique caracolent en tête.

 

Perreault vole littéralement sur le circuit. Il roule à un train d'enfer. Rapidement, il rattrape son coéquipier. Après Jesse et Lalancette, il semble avoir la monture et les bons réglages pour prendre la tête et terminer la course sur la plus haute marche du podium. Il suit le meneur comme son ombre, guettant l'ouverture ou tentant de profiter de la moindre erreur pour prendre la tête. Il demeure patient. La course est encore longue. Au bout de la ligne droite, ses espoirs s'évanouissent. Comme à Barcelone, Perreault voit sa course ruinée par un pilote qui reprend la piste en trombe. La Virgin de Binette qui sort des puits effectue un freinage trop optimiste et percute l'arrière de la Williams. La monoplace part en dérive et tape le mur extérieur. Perreault accélère brusquement pour replacer sa voiture dans le bon sens et ainsi pouvoir reprendre la piste. Il laisse sa roue arrière dans la manoeuvre. 

 

La série noire se poursuit pour le pilote Williams.

 

Un autre prétendant à la victoire rend les armes.

 

Berthiaume peut maintenant souffler et rouler à sa main, seul en tête. Derrière, les positions se stabilisent. Parmi les meneurs, Lalancette fait une course en solitaire. Il est suivi par Jesse qui doit effectuer un arrêt tôt aux puits à cause de l'usure de ses pneus. Il devra y repasser à la suite d'une pénalité. Il a oublié d'activer son limiteur de vitesse dans la bretelle donnant accès à la ligne des puits. 

 

Dure journée pour le pilote de la Red Bull qui voit ainsi toutes ses chances de victoire s'envoler!

 

À la guerre comme à la guerre!

 

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À la suite de la série de mésaventures qui ont ponctué le début de Grand Prix se traduisant par un achalandage pour le moins inhabituel dans les puits, plusieurs pilotes tentent d'améliorer leur situation en course. Après s'être retrouvé bon dernier, Letellier est en pleine remontée. La Red Bull est à l'attaque. Il doit composer avec plusieurs pilotes. Il double même des pilotes qui ont un tour devant lui. La piste de Valence avec ses murs invitants est impitoyable. Le circuit espagnol continue de causer bien des maux de tête à plusieurs pilotes qui doivent finalement ranger leur bolide sur le bas-côté (Guy Lavoie, Yves Ranger). D'autres pilotes, même les plus expérimentés (Harper), sont victimes de têtes à queue, heureusement sans conséquence. La piste devient rapidement une véritable roulette russe. 

 

Différentes luttes s'engagent notamment entre les frères Lavoie. Serge Martin qui est juste derrière assiste en spectateur intéressé à la confrontation. Thomas effectue une manoeuvre pour le moins hardie au bout de la première ligne droite. Il vient s'appuyer sur le ponton droit de la McLaren. Antoine, en bon joueur, le laisse passer, espérant se refaire plus tard dans la course. Sa patience portera fruit. Quelques tours plus tard, Thomas tape le mur. Sa voiture est gravement endommagée. Il tente alors coûte que coûte de la ramener aux puits. Antoine peut alors reprendre son bien. Une autre lutte attire l'attention. Luc Labbé qui est parti du fond de la grille doit défendre sa position vis-à-vis Jesse qui a glissé plus tôt en sixième position. La Red Bull aura finalement raison de sa petite soeur, ce qui lui permettra de prendre la quatrième position. Quelques tours plus tard, il doit de nouveau baisser l'échine, cette fois devant la Mercedes de Ferland, et ce, après une légère dérobade. En fin de course, Mario Beaulieu en a aussi plein les mains. Il tente d'échapper à Daniel Ranger qui se montre de plus en plus insistant. À la réaccélération, sa Ferrari se dandine un tantinet sur le pont; le pilote de la Mercedes ne peut éviter l'accrochage, puis percute le mur.

 

Une deuxième victoire

 

Berthiaume qui rejoint plusieurs retardataires doit se méfier des batailles qui font rage partout sur la piste. En pilote expérimenté et réfléchi, il évite tous les pièges, conduit sa Williams en mains de maître et remporte sa deuxième victoire de la saison, après le Grand Prix de Chine, lui permettant de reprendre la tête du championnat de Grand Prix Quebec. Compte tenu des circonstances particulières de cette course, son sans-faute tient de l'exploit. Il a fait preuve d'un sans-froid incroyable. Il termine devant Lalancette, Ferland (qui monte sur le podium grâce à sa stratégie d'arrêt aux puits), Jesse et Labbé qui a effectué toute une remontée. Suivent le tir groupé des pilotes Renault, Ferron et Harper, Cantin, Martin qui effectue un excellent retour en compétition, et Antoine Lavoie qui complète le top 10. De nouveau, ce dernier a fait preuve d'une belle régularité après sa mésaventure du départ.

 

Après six Grands Prix, le championnat est loin d'être joué. Simon Beaulieu avec ses 239 points (27 points de moins que Berthiaume) glisse en deuxième position, juste devant Ferland (232 points) et Boulanger (214 points). Letellier (213 points) qui figurait parmi le quatuor de tête sombre au cinquième rang. Il a connu jusqu'à maintenant surtout des courses où il a dû sans cesse se rattraper. Suivent Perreault (209 points) qui joue de malchance depuis quelques courses, Mario Beaulieu (201 points), Thomas Lavoie (185 points) qui, après six courses, se révèle la meilleure recrue. Vient ensuite Michel Harper (172 points) qui se maintient dans la course malgré un début de saison en dents de scie. Pierre Binette (170 points) prend la dixième position du championnat. Ce pilote a beaucoup progressé tant sur le plan du pilotage que de la maturité en piste, et ce, malgré sa bévue à Valence.

 

Du côté des équipes, Williams continue de trôner en tête, devant les Mercedes et les Ferrari qui, depuis le début de la saison, défendent leurs couleurs avec deux, voire une voiture.

 

La prochaine course qui se déroulera à Hockenheim en Allemagne s'annonce tout aussi captivante. Avec les nombreuses zones de dégagement, les pilotes pourront davantage s'en donner à coeur joie. Des pilotes qui ont été absents depuis quelques Grands Prix comme Chênevert seront de retour. Le tigre voudra sûrement faire entendre son rugissement.

 

Place à la course!

 

 

 

 

 
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