Grand Prix du Canada : Jamais deux sans trois pour Ferrari Suggérer par mail
Écrit par Guy Lavoie   
28-11-2011
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Le Grand Prix du Canada qui se déroule sur le circuit de l'île Notre-Dame a toujours eu la réputation d'être une épreuve pleine de rebondissements. La course de cette année ne fait pas exception à la règle. La fameuse épingle (virage 11), le pont de la Concorde (virages 7 et 8) tout comme le mur du Québec (virage 15), ont été le théâtre de plusieurs dérapages, de têtes à queue et divers accrochages qui ont provoqué la perte de plusieurs pilotes qui ont dû, soit abandonner, soit battre en retraite en rentrant aux puits pour réparer leur monoplace endommagée. Tout au long de la course, les freins et les boîtes de vitesse ont été mis à rude épreuve sur le circuit de 4,5 kilomètres. Même le vainqueur de l'épreuve, Simon Beaulieu a connu quelques ennuis qui auraient pu ruiner sa course.

 

Retour sur la course de Montréal que tout coureur rêve de remporter en vue de succéder à l'intemporel pilote québécois Gilles Villeneuve qui a marqué à jamais l'histoire de la Formule Un.

 

Essais : des hauts et des bas 

 

Simon Beaulieu, le champion du monde 2010-2011, s'est présenté avec la ferme intention d'augmenter son avance au championnat de Grand Prix Québec. Dès la qualification, il abat ses cartes. Il tire profil de la succession de lignes droites et de virages lents de l'île Notre-Dame pour signer la pole position avec un temps de 1:16:975, devant Stéphane Éthier, Michel Berthiaume, Patrick Lalancette et son coéquipier, Mario Beaulieu. Les Ferrari se révèlent de nouveau des plus performantes. L'absence de Vincent Letellier se fait sentir, lui qui est reconnu pour être des plus rapides sur un tour. Des pilotes tels que Daniel Ranger et Stéphane Ferland qui pourtant ont signé d'excellents temps au cours des essais libres jouent de malchance. Ils commettent une erreur qui les relaie en fond de la grille.

 

Un début de course mouvementé

 

Aussitôt les feux éteints, Simon Beaulieu plonge en tête. Il est suivi de près par Éthier, puis Berthiaume. Le départ se déroule sans histoire si ce n'est que Daniel Jacques dérape après n'avoir parcouru que quelques mètres. La Virgin de Louis Bélanger ne peut éviter la Toro Rosso et endommage son aileron avant. Les autres pilotes franchissent les premiers virages sans encombre. Éthier n'entend pas rester longtemps derrière le champion du monde. Pas question de le laisser s'échapper. Éthier, très incisif, place le museau sous l'aileron arrière de la Ferrari. Il fond inexorablement sur sa proie. Au deuxième tour, il pousse sa chance un peu trop loin alors que la Ferrari s'est creusé un très léger écart. À l'épingle, la McLaren dérape légèrement, mais le pilote conserve le contrôle. La Williams de Berthiaume en profite pour se glisser en deuxième position. Suivent la Force India de Patrick Lalancette et la Ferrari de Mario Beaulieu. 

 

Derrière, la bagarre fait rage. Thomas Lavoie — qui après avoir connu une excellente qualification pour son cinquième Grand Prix — mène la chasse. Il a enfin connu un bon départ. Il a dans son collimateur la Lotus de Michel Boulanger qui n'entend pas s'en laisser imposer. Cette lutte se poursuivra sur plusieurs tours. À la suite d'une petite erreur du pilote de la HRT à l'épingle, la Lotus se donne un coussin pour souffler un peu. Serge Cantin (Williams), Stéphane Ferland (Mercedes) et Pierre Gaudreau (Renault) suivent dans l'ordre. La hiérarchie bascule quelques tours plus tard. Mario Beaulieu qui a connu un bon début de course commet une petite faute et part en tête à queue. Le pilote de la Ferrari se retrouve dans une position des plus inconfortables qui l'oblige à laisser passer ses poursuivants avant de pouvoir reprendre la piste. Il glisse au 14e rang. 

 

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Simon Beaulieu — qui caracole en tête — se fait toute une frousse en prenant un tour à son coéquipier dans le virage 7. Ce dernier est lui aussi aux prises avec un retardataire. En remettant les gaz dans le virage suivant, l'avant de la voiture italienne se dérobe légèrement. La Ferrari du meneur vient s'appuyer sur le rail à l'intérieur du virage suivant. La collision est heureusement sans conséquence. Simon Beaulieu reprend la piste rapidement. Berthiaume ne pourra profiter de la mésaventure du meneur pour prendre la tête comme il l'avait fait en Chine, course qu'il avait, rappelons-le, remportée. Le champion du monde n'est pourtant pas au bout de ses peines. Le pont de la Concorde lui cause une autre surprise qui aurait pu lui être fatale. Sa monoplace vient s'appuyer faiblement sur l'arrière de la Renault de Michel Harper. Une fois de plus, il s'en tire avec plus de peur que de mal.

 

Le meneur vient changer ses pneus au 24e tour. Berthiaume et Éthier s'arrêtent à peu près dans la même fenêtre. Ils échangent leur position le temps des arrêts aux puits. Pendant ce temps, Dave Jesse abandonne sa Red Bull sur le bas-côté du virage Senna, dure journée pour l'équipe autrichienne qui n'aura jamais été en mesure de défendre ses chances. 

 

Des remontées spectaculaires

 

Au fur et à mesure que la course progresse, les positions se stabilisent aux avant-postes, et ce, jusqu'à la fin de la course. Toujours aussi régulier, Lalancette roule à sa main. La situation n'est pas aussi nette à l'arrière. Tout bouge rapidement. Les têtes à queue se succèdent dans l'épingle. Le mur du Québec se révèle toujours aussi accueillant pour quelques pilotes qui perdent le contrôle de leur monoplace. Partis très loin à la suite de fortunes diverses, Mario Perreault, Daniel Ranger et Stéphane Ferland se rachètent en course en effectuant des remontées spectaculaires qui leur permettent de s'approprier respectivement les 5e, 6e et 7e positions. Après s'être âprement battu avec différents pilotes et fait preuve de beaucoup de détermination, Thomas Lavoie prend le 8e rang. Jamais on n'aurait vu une HRT en si bonne position cette année. Suit Mario Beaulieu qui a regagné plusieurs positions après sa déconvenue en début de course. Enfin, Antoine Lavoie et sa McLaren ferment la marche et complètent le top 10 après avoir échappé à plusieurs pièges.

 

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L'un des grands perdants de cette course est sans aucun doute Michel Boulanger qui après avoir réalisé une belle course dans le peloton de tête termine finalement en 12e position, juste derrière Yves Ranger. Les freins auront causé sa perte.

 

Le championnat demeure ouvert

 

Absent de cette course, Letellier glisse au sixième rang du classement du championnat des conducteurs de Grand Prix Québec. Au terme du cinquième manche, Simon Beaulieu se donne un léger avantage avec un total de 239 points. Il devance les deux pilotes Williams, Berthiaume et Perreault, qui ont un recul de 23 et de 30 points. Stéphane Ferland (188 points) et Michel Boulanger (184 points) leur emboîtent le pas. Viennent ensuite Mario Beaulieu (167 points), Thomas Lavoie (158 points) et Pierre Binette (143 points) dont la régularité à compléter ses courses commence à rapporter. Du côté des constructeurs, Williams domine devant les Mercedes, puis les Ferrari et les Renault. Soulignons que huit équipes font partie des dix premiers au championnat des pilotes.

 

Le prochain Grand Prix qui se déroulera à Valence s'annonce tout aussi haletant. Tout comme à Montréal, les murs sont omniprésents et plusieurs pilotes en feront sûrement les frais.

 
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