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Les Ferrari se sont montrées plutôt véloces lors du Grand Prix d'Espagne qui se tenait, le 5 novembre dernier, sur le circuit de Catalogne situé à Montmeló, au nord de Barcelone. Simon Beaulieu a rempilé. En début de course, il a profité d'un faux pas de Vincent Letellier pour prendre la tête, s'envoler et remporter une deuxième victoire convaincante. Son coéquipier Mario Beaulieu a réalisé tout un bon départ pour se pointer en troisième position. Sans un accrochage, le pilote de la Ferrari aurait pu viser sans problème le podium. Ce dernier reviendra finalement aux pilotes de Red Bull avec Letellier qui effectue une belle remontée après sa mésaventure et Dave Jess qui, une fois de plus, se révèle comme l'un des pilotes les plus rapides du plateau.
Si le circuit espagnol avec ses virages variés et ses quelques gros freinages est pour le moins spectaculaire, il ne facilite pas beaucoup les dépassements. C'est au bout de la ligne droite des stands de même que celle située entre les virages 9 (Campsa) et 10 (Calxa) que se feront la plupart des dépassements. Les pneumatiques seront de nouveau un casse-tête pour les pilotes, surtout pour ceux qui n'auront pas eu le temps de tourner et de tourner afin de bien régler leur monture. Pour s'assurer de faire un seul arrêt aux puits, certains pilotes joueront la sécurité en optant pour des gommes plus résistantes (tendre et médium). D'autres feront pour plusieurs arrêts. Quelle que soit la stratégie, le circuit de Barcelone qui nécessite précision, rythme et constance se révélera impitoyable. Difficile de ne pas commettre une erreur.
Même des pilotes talentueux comme les Michel Berthiaume, Mario Beaulieu, Stéphane Ferland — qui se sont livré une belle bataille pendant une bonne partie de la course — seront poussés à la faute.
Tout un départ
Après avoir signé de nouveau la pole position, Vincent Letellier pouvait raisonnablement espérer sa première victoire cette saison dans le championnat de Grand Prix Québec.
Le destin en décidera autrement. Sa course se jouera dès les premiers instants du Grand Prix. La Red Bull demeure totalement immobile sur la grille alors que les feux s'éteignent. Départ complètement raté! La voiture autrichienne se fait déborder par la Ferrari de Simon Beaulieu qui ne pouvait espérer meilleur scénario, puis par Jesse, Luc Labbé qui dans le tour de chauffe s'est donné toute une frayeur en échappant sa voiture dans les derniers virages avant le départ, Stéphane Éthier et les pilotes Williams. Mario Perreault doit même aller hors piste pour éviter la Red Bull!
Luc Labbé qui pointe en quatrième position amorce la chasse sur la trio de tête. Au bout de la ligne droite, il effectue une première tentative de dépassement sur Mario Beaulieu. Il essaiera de nouveau dans les virages suivants, mais sans succès. La Toro Rosso est partout. Au cinquième tour, Labbé retarde son freinage à la limite. Sa voiture se dérobe à la sortie du virage et il se retrouve dans le gazon, sur les gravillons et de nouveau sur la piste... Berthiaume et Ferland réussissent à passer, mais Perreault ne peut l'éviter, endommageant sérieusement son aileron avant. Il devra rentrer aux puits. Remis de sa mésaventure, Labbé sort légèrement, revient en nouveau en piste entre deux pilotes et finalement, termine sa course dans les rails.
Dommage pour le pilote Toro Rosso! Sa manoeuvre était pour le moins culottée.
Il n'est pas le seul à abandonner au quatrième tour. À la suite d'un problème de branchement Internet, Guy et Antoine Lavoie doivent déclarer forfait.
En avant, Mario Beaulieu peut oublier ses rétroviseurs pour concentrer son attention à l'avant. Pour sa part, Simon Beaulieu fait cavalier seul. Conscient qu'il ne peut suivre le rythme de la Ferrari, Jesse roule à sa main.
Letellier amorce sa remontée. Lentement mais sûrement, la Red Bull comble le retard, rattrape les pilotes qui le devancent et les dépasse. La course bascule au sixième tour lorsque la Red Bull rejoint la Ferrari de Mario Beaulieu. Le nez de la voiture autrichienne se retrouve sous l'aileron arrière de la voiture italienne. Au bout de la ligne droite des puits, les voitures se touchent légèrement. Si Letellier peut poursuivre sa course, ce n'est pas le cas pour Beaulieu qui doit rentrer pour réparer, lui qui venait de réaliser un début de course tout feu tout flamme. Son retour aux puits, de même que sur la piste par la suite, ne se fera pas sans heurts. Sa voiture semble inconduisible. Il glisse alors dans le fond du classement. Pendant ce temps, Letellier remonte comme une fusée. Il établit le contact avec son coéquipier, Jesse, qui n'oppose aucune résistance, préférant poursuivre sa course en toute tranquillité, tentant de ménager monture et pneus.
À partir de là, les meneurs se retrouvent seuls dans leur monde.
Un duel de titans
La bagarre, s'il n'y en une vraie, se déroule à l' arrière. Elle implique trois pilotes : Éthier, Berthiaume et Ferland.
Ayant opté pour un choix de pneus conservateur, le pilote de la McLaren ne peut donner sa pleine mesure, retenant légèrement la Williams et la Mercedes qui le pourchassent. La lutte que se livrent ces pilotes expérimentés dès la première partie de la couse est de haut niveau. Même si plusieurs manoeuvres sont limites, les pilotes réussissent à défendre leur position tout en conservant le contrôle de leur bolide.
En un mot : du grand art!
En tentant de dépasser Éthier, Berthiaume perd du terrain et il se retrouve dans le collimateur de Ferland qui aimerait bien passer les deux pilotes devant lui. Il faudra attendre la fenêtre des arrêts pour voir les positions évoluées. Au 22e tour, la McLaren rentre en trombe aux puits. Berthiaume semble opter pour la même stratégie, mais au dernier instant, la Williams se tasse à gauche afin de poursuivre sa course. Probablement que le pilote de l'équipe anglaise espère ainsi profiter d'un tour ou deux tours supplémentaires pour revenir devant Éthier, une fois son arrêt effectué. Ferland qui a tout vu n'entend pas jouer les figurants. Ayant perdu légèrement son rythme à la suite de son changement de trajectoire, la Williams amorce la dernière courbe avec la Mercedes sur ses talons. En ligne droite, Ferland est déjà à la hauteur de Berthiaume qui n'a pas d'autre option que de le laisser passer par l'intérieur. Ce dernier rentre aux puits au 23e tour. Ferland a la piste libre devant lui pour se creuser un écart. Il pourra ainsi se retrouver devant. Malheureusement, au bout de la ligne droite avant la courbe Calxa, il rate complètement son freinage. Il évite de justesse les gravillons. Cependant, le mal est fait. Il rentre pour ravitailler et à son retour en piste, il revient tout juste derrière Berthiaume. Tout est à recommencer!
Au 28e tour, les trois mousquetaires se retrouvent de nouveau roues dans roues. La lutte est loin d'être terminée. Ferland passe à l'attaque au bout de la ligne, le tour suivant. Pour une deuxième fois, il réussit sa manoeuvre sur la Williams qui tente le tout pour le tout, mais sans succès. Berthiaume ne s'avoue pas pour autant vaincu. Dans plusieurs virages, la Williams se positionne à l'intérieur, puis à l'extérieur, pour tenter de déconcentrer Ferland. Le pilote de l'équipe britannique freine plus tard, mais sans succès. Le pilote Mercedes est de glace. Celui-ci n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. Il effectue une tentative pour le moins époustouflante sur Éthier au bout de la ligne droite menant au virage 11. Il plonge littéralement à l'intérieur. Les deux bolides sont côte à côte. Cependant, le pilote McLaren en a vu d'autres. Il accélère plus rapidement et se replace devant la voiture allemande.
Simon Beaulieu, qui caracole en tête, les remonte pour leur prendre un tour. Ces pilotes n'ont pas d'autres choix que de le laisser passer.
Résultat, un léger écart se creuse entre les voitures.
Au 38e tour, Ferland qui veut de nouveau en découdre avec Éthier échappe sa Mercedes et part en tête à queue. Il repart de justesse devant Berthiaume qui, lui-même, est victime de la même mésaventure quelques tours plus tôt. Le pilote de la McLaren, qui fait preuve de beaucoup de combativité, peut enfin souffler un peu. Malgré tous ses efforts, Berthiaume ne pourra revenir sur la voiture allemande. À la faveur des retardataires, Ferland prend définitivement le large.
À l'orée du 40e tour, tristesse... La lutte des titans est terminée! Les pneus commencent à être à la limite. Les positions se figent. Il faut finir la course coûte que coûte, malgré la fatigue.
C'est sans surprise Simon Beaulieu qui remporte l'épreuve, devant Letellier et Jesse. suivent le trio d'enfer, Michel Boulanger, Perreault qui a effectué une magnifique remontée, Michel Harper et Yves Ranger qui complète le top 10.
Enfer et damnation
Le circuit de Barcelone demeure égal à sa réputation. La quatrième manche du championnat de Grand Prix Québec aura été le théâtre de plusieurs têtes à queue, de sorties de piste ainsi que de batailles emballantes impliquant des pilotes passionnés. Une belle course virtuelle qui n'a rien à envier à la Formule Un réelle!
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